Potager-bio

Mon parcours

Le potager est présent dans ma vie depuis toujours. Aujourd’hui j’ai 46 ans.

J’ai vécu mes premiers 28 années en Belgique (Flandre), depuis j’habite dans le Lot-et-Garonne, sud-ouest de la France.

Enfant, je passais beaucoup de temps en forêt et dans le jardin de mon grand-père. Il fût mon premier maître dans l’art du potager. Adolescent, déjà, je cultivais moi-même mes légumes biologiques. Par respect pour la nature, je n’ai jamais touché un pesticide jusqu’au présent.

Après l’obtention de mon BAC en horticulture (en 1990), j’ai travaillé dans la création et l’entretien de jardins ornementaux. J’ai ensuite suivi une formation en agriculture biodynamique pendant deux ans avec des stages dans différentes fermes. Pratique que j’ai utilisée lorsque j’ai été responsable de l’ensemble d’un potager, de fruitiers, d’une basse cour, de chèvres et de moutons dans un centre anthroposophique pour adultes handicapés.

C’est vers 1996, que j’ai découvert la permaculture. Ce fut alors pour moi une véritable révolution. L’australien Bill Mollison (fondateur de la permaculture) et le Japonais Masanobu Fukuoka (fondateur de l’agriculture naturelle) parlaient de travailler AVEC la nature et non contre. Bill parlait des écosystèmes comestibles. Masanobu récoltait sans retourner la terre, sans fertilisant ou compost préparé et sans désherber. Les herbes sauvages devraient être contrôlées et non éliminées. Passionné de la nature et de la production alimentaire, je suis devenu un adepte passionné de la permaculture. J’ai travaillé à de nombreux projets à plusieurs pays, notamment à l’institut pour la permaculture de Bill Mollison en Australie.

En Belgique j’ai mis en place un grand potager en paillage permanente dans une communauté écologique ou j’ai vécu pendant un an et demi.

En 2000 l’envie d’avoir mon propre projet m’a amené vers le sud-ouest de la France, attiré par son climat doux et ses espaces. Ici je me suis mis à faire du maraîchage en permaculture sur un quart d’hectare. Il s’agit de la culture dans un couvre-sol permanent de paille. J’ai alors appliqué encore plus d’idées « permaculturelles », comme suivre le relief naturel pour optimiser l’eau de pluie et l’introduction des petites mares pour les grenouilles et des canards « coureurs Indiens », tous mangeurs de limaces.

Mais force m’a été de constaté, qu’il s’agissait d’énormément de travail et de beaucoup de difficultés pour une production finalement très faible : la mise en place de la paille, faire beaucoup de plantes en pépinière, écarter la paille pour planter, désherber manuellement (on ne peut pas biner) liserons, chardons, chiendents, rumex et même petits arbustes qui sont prêt à tout envahir, couper les plantes dans les fossés… Aussi, avec l’importante quantité de paille que j’utilisais, j’ai dû entourer le jardin avec des clôtures semi-enterrées pour éviter les dégâts des sangliers. Et le compostage de la paille absorbe de l’azote et appauvris la terre, donc les légumes étaient dans la manque. Mais le plus grand problème apparaissait la deuxième année quand les limaces ont pondu massivement leurs œufs et les campagnols ont fait leurs petits sous la couche de mulch. Ensemble ils ont mangé la quasi totalité des légumes, malgré les canards et les quelques grenouilles qui n’avaient pas accès sous la paille.

Par la suite j’ai fait l’expérience de la culture dans un couvre-sol vivant de trèfle blanc, car c’est la plante qui fixe le plus d’azote dans la terre.

Là aussi j’avais finalement beaucoup de travail : dans une terre riche, pour partir d’une bonne base, le trèfle blanc montait beaucoup plus haut que je ne pensais. J’ai donc tout tondu à plusieurs reprises, pas facile entre les légumes. Je n’avais, là aussi, quasiment pas de récoltes. Le trèfle bien installé prenait tout les nutriments pour lui. Les légumes souffrants de la concurrence, jaunissaient et ne se développaient pas.

J’ai donc décidé de tout labourer et de faire du maraîchage bio ‘classique’. Avec l’aide d’un tracteur et un motoculteur j’ai facilement doublé la surface et j’ai eu beaucoup de beaux légumes.

J’ai quand même continué d’expérimenter avec des cultures associés: l’idée est de profiter de plus d’espace pour récolter plus. Sur une planche de 1m20 on peut mettre par exemple une ligne de maïs et mettre des plantes plus petites des deux côtés. Résultat : J’ai commencé à couper des feuilles du maïs pour laisser plus de lumière aux autres. A la fin le maïs était correct, mais le poireau et le céleri-rave à ces pieds était maigre. Le maïs avait beaucoup pompé…

À la suite de cette expérience pas vraiment satisfaisante, je suis donc retourné vers le maraîchage bio « classique », mais finalement je constatais que ma terre était beaucoup trop argileuse pour avoir assez de rendement par rapport aux autres maraîchers qui travaillent sur des terres plus sableux.

J’ai décidé d’arrêter le maraîchage en 2009. Après quelques années, la culture des légumes a commencé à me manquer. J’ai donc décidé de faire un potager pour ma famille. Motivé par le projet de nourrir les miens, je voulais être sûr de récolter. J’ai alors commencé un potager « productif », le plus productif que je connaissais: en travaillant la terre à la bêche et au motoculteur, et sans utiliser de serre, je suis devenu autonome en légumes toute l’année.

J’ai gardé l’habitude de marcher le moins possible sur les bandes de cultures pour après ne plus marcher du tout.

Un jour j’avais, comme d’habitude, mis le compost sur une bande. Elle n’étais pas tassée. J’avais pris du retard, j’étais fatigué de bêcher ou passer le croc… Je me suis dit: « Tant pis, je fais des sillons dans le compost et je sème ». C’est ce que j’ai fait et j’ai eu des résultats magnifiques.

C’est devenu ma façon de faire, ma méthode.

Ça a été une vrai révolution pour moi, mais cette fois-ci elle n’était pas théorique… Loin des livres, ce fût ma révolution personnelle, mon expérience concrète, fruit de nombreux échecs, de tâtonnements, de trouvailles, de réflexion et de victoires.

J’ai également retenté certaines associations qui marchent bien…

J’ai maintenant de très belles récoltes, abondantes, pour beaucoup moins d’effort; la culture sans retourner la terre et sans paillage permanent. Le motoculteur est au repos depuis longtemps…

 

Cette réussite m’a donner envie de partager ces connaissances sous forme de formations et d’ateliers. Et c’est avec grand plaisir que j’ai pris le rôle de jardinier-formateur. Je propose aux personnes désireuses de se former ou d’approfondir leurs connaissances dans l’art du potager, une méthodologie fiable qui leur permettra d’être autonomes en légumes bio toute l’année en optimisant leur temps et leur énergie.

Je continu de faire des expériences pour travailler d’une façon encore plus efficace, avec des essais d’ombrage, d’entretien des allées, comment limiter l’invasion du chiendent et des limaces ou encore la culture de tomates sans taille…

C’est avec joie que je vous invite à partager cette expérience du potager et avec plaisir que je vous transmettrais mes connaissances.

Yves

 

Je cultive aussi d’autres passions: le chamanisme, la randonnée dans la nature sauvage et ma famille.