Lorsque l’on débute dans le recyclage de ses déchets de cuisine et de jardin, la première question qui se pose inévitablement est : que mettre dans le composteur ? Si le principe de base semble simple — transformer la matière organique en terreau — la pratique exige de la précision. Jeter n’importe quoi dans son bac à compost peut entraîner de mauvaises odeurs, attirer des rongeurs, ou bloquer complètement le processus de décomposition. Dans cet article détaillé, nous décryptons ce qui est bon, ce qui est toléré avec précaution, et ce qu’il faut absolument bannir de votre tas de compost.

L’équilibre magique : Les déchets Verts et les déchets Bruns

Pour qu’un compost soit réussi, il ne suffit pas de savoir quoi y mettre, mais il faut comprendre les deux grandes familles de déchets organiques. La règle d’or est de mélanger environ 50% de matières vertes (riches en azote) et 50% de matières brunes (riches en carbone).

Les matières VERTES (Azotées et humides)

Ces éléments vont apporter l’humidité nécessaire et nourrir les bactéries responsables de la décomposition qui vont faire “chauffer” le tas.

  • Les épluchures de légumes et de fruits : Pommes, carottes, courgettes, bananes… Tout y passe.
  • Les restes de repas d’origine végétale : Pâtes, riz, pain (en très petite quantité et bien émietté).
  • Le marc de café et les filtres en papier : Un excellent apport, très apprécié par les vers de terre.
  • Les sachets de thé et d’infusion : Assurez-vous d’enlever l’agrafe métallique et vérifiez que le sachet n’est pas en plastique (privilégiez le papier ou la mousseline de coton).
  • Les tontes de gazon : À apporter en couches fines, sinon elles fermentent, deviennent visqueuses et sentent mauvais. L’idéal est de les laisser sécher quelques jours au soleil avant de les intégrer.
  • Les mauvaises herbes : Uniquement celles qui ne sont pas montées en graines et qui n’ont pas de maladies.

Les matières BRUNES (Carbonées et sèches)

Elles sont indispensables pour structurer le compost, absorber l’excès d’humidité et permettre à l’air de circuler, empêchant ainsi la putréfaction.

  • Le carton non imprimé : Les boîtes d’œufs, les rouleaux de papier toilette, le carton d’emballage marron. Pensez à retirer les scotchs et les étiquettes et à les déchirer en petits morceaux.
  • Les feuilles mortes : Un trésor pour le compost. Stockez-en des sacs à l’automne pour les incorporer petit à petit tout au long de l’année.
  • La paille et le foin : Excellents structurants.
  • Le broyat de bois et les petites branches : Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) ou les tailles de haies broyées.
  • Les coquilles d’œufs : À broyer finement. Elles n’apportent ni carbone ni azote, mais du calcium, ce qui neutralise l’acidité du compost.
  • L’essuie-tout et les mouchoirs en papier : Seulement s’ils n’ont pas été en contact avec des produits chimiques.

Ce qui peut être mis, mais avec modération et précaution

Certains déchets sont compostables mais nécessitent des précautions particulières pour ne pas déséquilibrer le processus.

  • Les agrumes (citrons, oranges, pamplemousses) : Une idée reçue affirme qu’il ne faut pas les mettre. C’est faux. Ils se compostent très bien, mais leur acidité et la présence d’huiles essentielles fongicides dans leur peau ralentissent le processus. Coupez-les en petits morceaux et mélangez-les bien. N’en mettez pas de quantités astronomiques à la fois.
  • Les épluchures de pommes de terre : Si elles risquent de germer ou sont porteuses de maladies (mildiou), il vaut mieux les éviter. Sinon, elles se compostent sans problème.
  • L’ail et l’oignon : Comme les agrumes, ils ont des propriétés antibactériennes. À introduire en petites quantités.
  • La litière des rongeurs herbivores : Les excréments et la litière (sciure, paille) des lapins, cobayes ou hamsters sont très riches en azote.
  • Les cendres de bois : À utiliser avec parcimonie (une poignée de temps en temps). Elles sont très riches en potasse et en calcium, mais en trop grande quantité, elles étouffent le compost et font grimper le pH de manière excessive.

Ce qu’il ne faut JAMAIS mettre dans le composteur

Pour des raisons sanitaires (maladies, parasites), de nuisances (odeurs, rats) ou de pollution, voici la liste noire absolue de votre composteur.

Les restes d’origine animale

  • La viande, le poisson, les os et les arêtes : Ils attirent les rats, les mouches charognardes, les renards et dégagent une odeur insoutenable en pourrissant.
  • Les produits laitiers : Fromage, lait, yaourt. Ils pourrissent et attirent les rongeurs.
  • Les graisses et huiles : Huile de friture, beurre, sauces. Elles étouffent le compost en créant un film imperméable autour des autres déchets.

Les éléments polluants et non biodégradables

  • Le plastique, le verre, les métaux.
  • Le bois traité, vernis ou peint : Les produits chimiques détruiraient la vie de votre compost et pollueraient votre sol.
  • La litière des chats et des chiens : Elle peut contenir des pathogènes dangereux pour l’homme (comme les parasites responsables de la toxoplasmose ou des ascaris) qui peuvent résister aux températures du compostage domestique.
  • La poussière d’aspirateur : Elle contient souvent des microplastiques et des fibres synthétiques de vos vêtements et moquettes.

Les déchets du jardin problématiques

  • Les plantes malades : Feuilles de tomates atteintes de mildiou, rosiers avec l’oïdium. Le composteur domestique ne chauffe pas toujours assez pour détruire ces champignons pathogènes.
  • Les mauvaises herbes en graines ou à rhizomes : Liseron, chiendent, ronce. Si le tas ne chauffe pas assez, vous risquez de les ressemer partout en utilisant votre compost !
  • Les feuilles vernissées et coriaces : Laurier-cerise, lierre, aiguilles de pin. Elles se décomposent extrêmement lentement. Le pin acidifie en plus fortement le sol.

Tableau récapitulatif du composteur

CatégorieCe qu’il FAUT mettreCe qu’il faut ÉVITER
Cuisine (Verts)Épluchures, marc de café, fruits gâtésViande, poisson, fromages, huiles
Maison (Bruns)Boîtes d’œufs, carton brun, rouleaux papierLitière chat/chien, sacs d’aspirateur, magazines brillants
Jardin (Verts/Bruns)Tonte fine, feuilles mortes, branchages broyésPlantes malades, liseron, résineux toxiques (thuya)

En sachant exactement que mettre dans le composteur, vous posez les fondations d’un compost sain, inodore et d’une richesse exceptionnelle. C’est l’observation au quotidien qui fera de vous un expert : si votre compost est beau et sent bon la forêt, c’est que vous avez trouvé le bon équilibre !