Ramasser les feuilles mortes pour les évacuer, c’est jeter l’une des ressources les plus utiles de l’automne. Tombées des arbres, elles forment gratuitement un paillage, une matière sèche pour le compost ou, après quelques saisons, un terreau de feuilles qui améliore la structure du sol. Il suffit de savoir quelles feuilles utiliser, comment les préparer et ce qu’on peut raisonnablement en attendre.

Trois usages des feuilles mortes

UsageDélaiEffortPour quoi faire
Paillage directImmédiatFaibleCouvrir le sol nu des planches et des pieds d’arbustes en hiver
Matière sèche dans le compostQuelques mois, selon le tasFaibleÉquilibrer les déchets de cuisine et de tonte, riches en eau
Terreau de feuillesEnviron deux ans pour la plupart des feuillesMoyenAmender le sol, pailler, préparer des mélanges

Trois usages des feuilles mortes

Quelles feuilles utiliser

Toutes les feuilles finissent par se décomposer, mais à des vitesses très différentes.

  • Se décomposent facilement : les feuilles de chêne, de hêtre et de charme donnent, d’après la Royal Horticultural Society, un excellent terreau de feuilles avec peu d’aide.
  • À broyer d’abord : les feuilles épaisses et coriaces, comme celles du platane, du noyer ou du marronnier d’Inde, se décomposent beaucoup plus lentement. Passez la tondeuse dessus avant de les mettre en tas.
  • Aiguilles de conifères : elles mettent plusieurs années à se décomposer. Les aiguilles de pin donnent un terreau acide, que les plantes de terre de bruyère apprécient (myrtilliers, rhododendrons, azalées). Les tailles de haies de conifères vont plutôt au compost.
  • Feuilles de laurier-cerise : mieux vaut les broyer et les ajouter au compost, où elles se décomposent plus vite que dans un tas de feuilles seules.

Source : RHS, leafmould.

Deux précautions s’imposent. Les feuilles ramassées au bord d’une route fréquentée peuvent être polluées : privilégiez celles de votre jardin ou d’une rue calme, et triez les déchets qui s’y mêlent. Et n’utilisez pas de feuilles visiblement malades, par exemple portant des taches ou des moisissures, directement sur les cultures sensibles : compostez-les d’abord à chaud, ou évacuez-les.

Pailler avec des feuilles mortes

C’est l’usage le plus rapide. Les feuilles couvrent le sol nu entre deux cultures et autour des vivaces, des arbustes et des rosiers.

  1. Ramassez par temps sec : les feuilles sèches se manipulent et se broient mieux.
  2. Broyez si possible, en passant la tondeuse. Les feuilles entières s’agglutinent en galette quand elles sont mouillées, empêchant l’eau et l’air de passer.
  3. Étalez en couche modérée, en laissant libre le collet des plantes. Un tas contre les tiges favorise la pourriture.
  4. Maintenez avec une fine couche de compost ou de paille si le vent les disperse.

Le paillage tient le sol à l’abri de la battance des pluies, limite les herbes spontanées et nourrit les vers de terre. Il ne remplace pas la protection contre le gel des plantes sensibles ; pour cela, voyez notre article sur la protection des plantes contre le gel en décembre. Pour les paillages d’été, consultez comment pailler le potager.

Sur un sol où les limaces posent problème, une couche épaisse de feuilles peut leur offrir un abri. Surveillez les jeunes semis qui lèvent sous le paillage.

Mettre les feuilles dans le compost

Les feuilles sont une matière « brune » : sèche et riche en carbone. Elles équilibrent les matières « vertes » de la cuisine, de la tonte ou des fanes, plus humides et plus azotées. Sans elles, un tas trop humide s’asphyxie et sent mauvais.

  • Alternez de fines couches de feuilles avec les déchets de cuisine et de tonte.
  • Humidifiez les feuilles sèches, car un tas sec ne se décompose pas.
  • Conservez un sac de feuilles à l’abri pour en rajouter tout au long de l’année : elles sont rares l’été, au moment où les tontes abondent.

Pour savoir quoi mettre dans le tas et quoi éviter, consultez notre liste que mettre dans un composteur et comment réussir un bon compost.

Fabriquer du terreau de feuilles

Le terreau de feuilles est obtenu par une décomposition lente et froide, surtout assurée par des champignons. Il demande peu de travail, mais du temps.

Méthode en tas ou en enclos

  1. Construisez un enclos avec du grillage et quatre piquets, dans un coin abrité du vent. Un volume important accélère la décomposition, selon la RHS.
  2. Remplissez-le de feuilles, de préférence broyées, en les humidifiant si elles sont sèches.
  3. Laissez faire. La plupart des feuilles mettent environ deux ans à se décomposer en terreau. Retourner le tas de temps en temps l’aère et peut accélérer le processus.

Méthode en sacs

  1. Remplissez des sacs de jardin solides de feuilles humidifiées.
  2. Percez quelques trous avec une fourche ou un couteau et fermez le sac sans le serrer.
  3. Empilez les sacs dans un coin discret. Comptez jusqu’à deux ans.

Utiliser le résultat

D’après la RHS, un terreau de feuilles bien décomposé, de plus de deux ans, peut servir de terreau de semis, par exemple mélangé à du compost de jardin et de la terre. S’il est plus jeune ou de moins bonne qualité, utilisez-le plutôt en paillage ou comme amendement. Le terreau de feuilles peut aussi contenir des graines d’herbes : évitez-le là où des adventices seraient un problème.

Fabriquer du terreau de feuilles

Ce que les feuilles ne font pas

  • Elles n’apportent pas autant d’éléments nutritifs qu’un compost bien mûr ou un fumier. Elles améliorent surtout la structure du sol et sa capacité à retenir l’eau.
  • Elles ne remplacent pas une analyse quand un sol pose problème : voir analyser la terre du jardin.
  • Elles ne conviennent pas en couche épaisse sur les semis, qui manquent de lumière et d’air.

Pour une approche voisine avec du bois broyé, lisez notre guide du BRF, bois raméal fragmenté.

Questions fréquentes

Peut-on laisser les feuilles mortes sur le potager ?

Oui, en couche modérée sur un sol nu : elles le protègent et nourrissent la vie du sol. Retirez-les simplement autour des collets et sur les semis ou plants fragiles, et surveillez les limaces.

Combien de temps pour faire du terreau de feuilles ?

La plupart des feuilles demandent environ deux ans, selon la RHS. Les feuilles de chêne, de hêtre et de charme se décomposent mieux que celles du platane ou du noyer, qui gagnent à être broyées.

Faut-il broyer les feuilles ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est utile. Broyées à la tondeuse, elles se décomposent plus vite et ne forment pas de galette imperméable sur le sol.

Les feuilles de noyer sont-elles utilisables ?

Oui, après broyage, car elles se décomposent lentement. Elles peuvent servir de matière sèche dans le compost, en les mélangeant à d’autres matières pour ne pas former de couche compacte.

À lire aussi

Pour préparer la suite, consultez notre guide pour pailler les planches libres en hiver.